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Hill 70
15-25 août 1917

La victoire du Canada

À l'été 1917, les Alliés perdaient la Première Guerre mondiale. La Russie s’enfonçait dans la révolution, la moitié de l'Armée française éprouvait une mutinerie, et l'île de la Grande-Bretagne était graduellement étranglée par les attaques de sous-marins allemands sur ses lignes d’expédition maritimes et par les bombardements stratégiques des bombardiers allemands Gotha. Les États-Unis avaient récemment joint les Alliés, mais à cette époque leur armée était plus petite que celle du Canada.
 
Une offensive britannique de grande envergure en Belgique, près de Passchendaele, avait été planifiée dans le but d’écarter les Allemands de la côte de la Manche d’où leurs bombardiers et sous-marins opéraient. Mais pour réussir, il fallait détourner les renforts allemands loin de Passchendaele. Les Britanniques ont ordonné une attaque de diversion contre la ville de Lens, occupée par les Allemands, dans la région Nord-Pas-de-Calais en France. Le Corps canadien, récemment vainqueur de la crête de Vimy, qui à l'été de 1917 était pour la première fois commandé par un Canadien, le Lieutenant-général Sir Arthur Currie, fut choisi pour conduire cette attaque.
 
Currie avait reçu l'ordre d'attaquer Lens directement, mais il savait qu'il s’assagissait de l’une des positions les plus fortifiées sur le front occidental, et qu’une telle attaque serait coûteuse. Il a contesté cet ordre auprès de ses supérieurs britanniques et a reçu la permission d'attaquer quelque chose de plus important : le terrain surélevé entourant Lens. Ce terrain, notamment un endroit dénommé « la cote 70 », était vital pour les défenses allemandes et Currie savait que les Allemands n’épargneraient aucune dépense de sang pour essayer de le reprendre si les Canadiens pouvaient s’en emparer. Currie détournerait ainsi les troupes ennemies loin de Passchendaele en les saignants à blanc sur les pentes à la cote 70.
 
L'attaque a commencé le 15 août 1917. Les Canadiens se sont emparés des tranchées autour de la cote 70 dans un assaut avant l'aube; le piège était tendu. Les Allemands croyant que les Canadiens tentaient de percer leurs lignes ont lancé des vagues après vagues de troupes pour contre-attaquer les Canadiens bien retranchés à la cote 70. Vingt et une contre-attaques allemandes ont été lancées contre la cote 70 en quatre jours. Toutes ont été défaites par les armes, le cœur et le courage des Canadiens. Une deuxième attaque par les Canadiens dans les jours qui suivirent, cette fois directement sur Lens, eut moins de succès et fut plus coûteuse, mais elle attira des unités allemandes additionnelles dans la lutte. Les Canadiens ont subi 9 198 pertes entre le 15 et 25 août, mais les Allemands ont perdu plus de 20 000 hommes. Six soldats canadiens se sont mérités la Croix de Victoria pendant les dix jours de combats à la cote 70 et à Lens, et un nouveau style de guerre qui a dupé les Allemands à se rendre vulnérables avait vu le jour. Ces tactiques allaient aider le Corps canadien à devenir « l’Armée de choc de l'Empire britannique » durant la dernière année de la Première Guerre mondiale.
 
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